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Saturday, 18 August 2012

DESIRE ET DIEU

 

"Qui aime bien châtie bien" se dit quand on veut justifier la sévérité par l'intérêt porté à la personne qui en est l'objet.

 

C'est la version donnée par l'Encyclopédie Microsoft Encarta.

 

Justifier. Mention légitime. On a à justifier si la situation sent l'injustice.

 

Qui aime bien … À vrai dire, je dois revoir la définition du verbe aimer, puis trouver le temps et mode de conjugaison appropriés. A priori, le conditionnel devrait être écarté, et le présent serait de mise. Amour. Je n'arrive pas du tout à concevoir que le chemin de l'amour soit parsemé d'épreuves, de tests, de pièges. On aime ou on n'aime pas. Là où il y a souffrance, d'ordre moral ou physique, il n'y a pas d'amour. Du moment que l'on a peur : peur de décevoir, l'amour n'est pas dans les parages. La relation dans ce cas serait celle entre un seigneur et son esclave, entre un dominant et un dominé. Et non entre un père et son fils.

 

Mon cœur, ma maison, ma vie n'acceptent pas le chantage affectif.

 

Désiré était un modeste fonctionnaire. Il n'était pas riche mais n'enviait personne, et de la dignité : il en avait à revendre. Géniteur, il a accompli la fonction du Créateur; Nourricier, il a veillé à ce que sa progéniture ne crève de faim; Protecteur, sa maisonnée était à l'abri de tout sentiment d'insécurité. Il s'agit du devoir d'un père auquel il n'a pas failli jusqu'à son dernier souffle. Ses rejetons n'avaient pas à lui adresser leurs desiderata. En quelque sorte, l'histoire s'apparente à celle d'un dieu. Un dieu qui a créé, qui protège, qui se sacrifie pour prouver son amour.

 

Faudrait-il vraiment prouver son amour? Désiré n'a, à aucun moment, pensé à mettre ses enfants, fruits de ses entrailles, au gril pour les punir des pires bêtises. A aucun moment, il n'a jamais réclamé jusqu'à en devenir malade des remerciements, des reconnaissances…

 

Je revois ses larmes qu'il arrive mal à contenir s'il devait taper un de ses gosses, s'il avait à lui priver d'une sortie, d'un jouet ou d'une émission de télévision.

 

Voilà l'amour d'un père, non pas tel que je le souhaitais, mais tel que l'ai vécu, puisque Désiré était mon papa.

 

Certains diront que tout s'arrête avec sa mort. Je l'admets. Puisqu'il n'est pas un dieu, il n'a pas connu la résurrection, il était un simple mortel qui n'avait pas atteint 70ans. Mais de son vivant, j'ai pu palper son amour. Il ne nous a pas promis le ciel, nous étions tous conscients qu'on est des êtres humains. Des êtres humains qui aimaient et s'aimaient à notre manière. On s'aimait tellement fort que chaque départ est vraiment un supplice. Mais nous arrivons à nous consoler, puisque nous savons qu'on a des limites.

 

Tel était Désiré, un père aimant et non un dieu qui brandit l'enfer à chaque moindre erreur.

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J'ai écrit ceci en hommage et à la mémoire de celui qui fut mon père.

 

C'est juste une mention, une cure de conscience qui n'engage que moi-même, puisque les morts ne lisent pas les épitaphes et ne consultent pas les blogs.

 

Il s'agit de l'éloge d'une poussière à une motte de terre sous scellé qu'est devenu Désiré, mon papa.

 

En ligne le 29/04/2010

 

15:00 Posted by Rondro H REGNIER (Bozy Boléta) | Tags: ambohitromby alasora, dezimanga | Comments (0) |  Facebook | |

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